De nos jours, décrocher un rendez-vous chez le doc, c'est un peu comme chercher une aiguille dans une botte de foin, surtout chez moi où les médecins sont aussi rares qu'un unicorn! Avec une population qui vieillit et monte en flèche, nos chers médecins n'ont même plus le temps de tendre une oreille compatissante. Je ne les blame pas, c'est juste un constat un brin déprimant que même les médecins regrettent dans leur quotidien.
Mais revenons à nos moutons : qui n'a jamais eu cette petite voix intérieure qui crie "Ça cloche, là!" ? On le sent au plus profond de nous, même si on essaie d'ignorer. On a beau faire des efforts, changer des choses, rien ne semble avancer. Ça fait plus de 20 ans que je crie à l'intérieur, que je pleure, que chaque matin est un vrai parcours du combattant.
Quand ce n'est pas mon ventre qui fait des siennes, c'est ma tête qui se met en grève. Et si ce n'est pas ça, ce sont des douleurs musculaires et articulaires qui me transforment en statue de sel. Ajoutez à cela des infections rénales régulières, des insomnies, des kystes, des acouphènes… je pourrais continuer jusqu'à ce que vous cliquiez sur la croix, alors je vais m'arrêter là!
Récemment, j'en ai eu ras-le-bol de juste traiter les symptômes et non la cause. J'ai passé des années à avaler des antidouleurs comme des bonbons. Me ménager, c'est devenu synonyme de dormir et binge-watcher des séries (d'ailleurs, si vous avez des recommandations, je suis preneuse 😉).
Mes activités sont souvent gâchées, comme lors de mes dernières vacances où une pierre au rein c'est invitée sans mon consentement alors qu'Indochine mettait le feu au Zénith de Strasbourg. J'ai vu 30 minutes de concert avant que les pompiers ne me ramassent devant les toilettes. Franchement, pas génial, non ?
Du coup, j'ai décidé d'aller discuter avec mon doc, histoire de planifier notre évasion vers une vie en meilleure santé ! On va débusquer la cause de cette rébellion qui fait de mon corps ma prison, parce que franchement, lui et moi, c'est la guerre depuis trop longtemps !
Mais alors, là, c'était pas du tout le scénario de rêve ! Quand j'ai ouvert mon cœur sur mon mal-être, la réponse "tu ne t'es jamais plainte" m'a laissée sur le derrière ! Donc, 20 ans à ingurgiter des antidouleurs, ça ne compte pas dans mon droit de m'inquiéter ? Juste parce que je n'ai pas fait de chœur de plaintes ? Mais on est sérieux là! Allo Docteur, je suis folle!
Je suis partie dans un tourbillon de larmes à bord de ma magnifique T-roc (oui, je suis amoureuse de ma titine !), le vase débordait et Doudou (mon fidèle compagnon depuis 21 ans, le héros qui endure tous mes maux – franchement, c'est un miracle qu'il ne m'ait jamais laissée sur le bord de la route ou dans un des hôpitaux que j'ai eu le plaisir de visiter) , me dit cette phrase magique, alors va voir un médecin qui voudra t'aider, t'es pas folle, t'es juste fatiguée.
Mais quelle trahison, mon cher médecin! Lui qui a été mon super-héros pendant plus de 20 ans! C'était la première pensée qui faisait des pirouettes dans ma tête. Puis, je me suis dit : "Allez, stop à la culpabilité!" Ma santé, c'est le numéro un, et je le dois à mes enfants et à Doudou!
Et voilà, je suis allée revoir une docteuresse avec qui j'avais bossé quand j'étais secrétaire médicale, et devinez quoi ? Elle m'a écoutée, m'a vraiment entendue et, surtout, m'a crue !
Elle a lâché une phrase qui a complètement retourné ma vision de la médecine générale :
"Quand un patient se plaint, ce n'est pas lui qui est fou, on doit le croire et c'est que nous, médecins, n'avons pas encore trouvé ce qui ne va pas"
Alors, je suis partie avec un tas de tests à faire et des étoiles plein les yeux, en espérant que mon calvaire touche enfin à sa fin.
Donc, adieu la culpabilité et les remords, je suis prête à plonger à pieds joints dans ma nouvelle vie avec un grand sourire! du moins si les résultats ne sont pas trop merdiques... wait and see and cross fingers !