9 jours 18 heures 46 minutes sans cigarette, toujours en vie
12/03/2026

Aujourd'hui, j'ai arrêté de fumer.
Enfin… pour être précise : 9 jours, 16 heures et 6 minutes, ce qui fait 42,15€ dans mon panier alors que j'ai dépensé 350 balles pour arrêter mais je vais les récupérer, un jour... d'ici plus ou moins 80 jours, presque un tour du monde...
Et bien oui, je compte. Parce que quand on arrête de fumer, le temps se mesure différemment. Une heure devient longue. Une journée devient une victoire. Et cinq minutes sans nicotine peuvent parfois ressembler à une saison entière de série Netflix.
Alors oui, je sais ce que vous allez dire :
« Bravo ! »
« Félicitations ! »
« Quelle volonté ! »
Merci.
Mais je préfère vous prévenir tout de suite : je ne ressens absolument aucune fierté.
Pour être honnête, j'ai surtout l'impression qu'une partie de moi est morte.
La partie joyeuse, rigolote et pleine d'énergie.
La bonne nouvelle : je suis toujours en vie.
La mauvaise : je suis en vie sans nicotine.
Et ça, c'est une aventure à part entière.
Avant la cigarette, il y a eu… la santé
Pour comprendre ce sevrage digne d'une série médicale, il faut revenir un peu en arrière.
Il y a un an, les médecins me diagnostiquent :
- des nodules
- des marqueurs tumoraux rouges
- de l'endométriose
- de l'adénomyose
tout ceci un peu partout dans l'utérus, les ovaires et les intestins.
Bref, mon corps a décidé d'ouvrir un Disneyland médical.
Pendant 10 mois, je traverse tous les états émotionnels possibles :
peur
colère
rage
tristesse
stress
angoisse
anxiété
Mais aussi parfois de la joie et de la sérénité.
En résumé : on se croirait dans le film Vice-Versa, sauf que le film dure 1h30… et moi ça a duré presque un an.
Et pendant ce temps-là, je fais la forte devant mes proches.
Je rassure tout le monde.
Je souris.
Je garde confiance.
Je vais travailler 3 fois plus pour me prouver que rien ne peut m'arrêter.
Mais à l'intérieur, c'est plutôt roulette russe médicale.
Chaque mois : examens, résultats, stress.
Une balle dans le barillet… et on appuie sur la gâchette ouf c'est encore une fois passé.
Et puis arrive l'opération.
Contre toute attente, tout se passe très bien. Je sors de l'hôpital le lendemain, en pleine forme.
Les médecins sont surpris. Moi aussi.
Je me dis : « Voilà… ma deuxième vie commence. »
Et évidemment, dans cette nouvelle vie, je me dis que mon amie la cigarette ne m'aidera probablement pas beaucoup.
Le problème ?
Rompre avec la cigarette, c'est un peu comme rompre avec un ex toxique mais terriblement séduisant.
On sait qu'il faut partir. Mais il suffit d'un moment de faiblesse… et on replonge.
La convalescence (ou comment devenir folle sur un canapé)
Après l'opération, je dois me reposer.
Pour une personne normale, ça veut dire : regarder des séries et boire du thé.
Pour une personne hyperactive, ça veut dire : devenir folle au bout de 48 heures.
Au bout de quelques jours, j'avais déjà :
regardé trop de séries
réorganisé mon téléphone
trié mes photos
et envisagé sérieusement de parler à ma plante verte.
Finalement j'ai discuté avec mon chat. C'était plus interactif.
Enfin… je crois.
Au bout de deux semaines, je recommence donc à crapahuter dans tous les sens.
Mauvaise idée. Direction : les urgences.
Au menu servi sur un plateau d'argent:
thrombose
embolie pulmonaire
infarctus
Oui, rien que ça.
Un petit menu dégustation médical.
Résultat : 6 jours en cardiologie.
Et surtout… sans nicotine.
Je survis.
Encore une fois, les médecins sont surpris. Moi aussi.
Je commence sérieusement à croire que mon corps possède un mode survie premium intégré.
La dépression arrive discrètement
Je rentre chez moi. Mais toujours pas de reprise du travail.
Moi qui cumule trois activités professionnelles, me voilà condamnée à… me reposer.
Et là, tout le monde autour de moi répète :
« Repose-toi. - Profite. - C'est bien de ne rien faire. »
Pour une hyperactive, ces phrases se traduisent par : "BLABLABLABLABLA."
Et c'est à ce moment-là que la dépression arrive.
Je perds goût à tout. Tout m'agace.
Et la seule qui me réconforte… la cigarette.
Oui, cette satanée cigarette devient mon refuge émotionnel. Ma relation toxique
Plus les médecins me disent d'arrêter… Plus j'ai envie d'allumer une cigarette.
Alors je négocie avec moi-même.
« Bon… j'en fume seulement 10. »
Parfois 15. Mais uniquement si quelqu'un prononce la phrase magique :
« Viens, on va fumer une clope. »
twister médical
Un mois plus tard, ma santé s'améliore. Je commence à voir le retour au travail arriver.
Et là…
Ambulance.
Panique.
« Ça recommence… »
Finalement : pleurésie et bronchiolite.
Le médecin me regarde et me dit : « Il faut arrêter de fumer. »
Traduction médicale : divorce immédiat avec la cigarette.
La Tabacologue est donc la personne miracle qui m'a été recommandée.
Je contacte donc une tabacologue, elle me dis "j'ai justement une place aujourd'hui", ok là, maintenant?, c'est parti? allez soyons fous... je la rencontre:
Elle est super motivée, plus que moi.
Elle croit en moi, moi pas.
Elle a les clés, mais pas celles de mes portes bien fermées.
Le problème ?
Moi, je ne suis pas prête. Je n'ai pas eu le temps de m'y préparer mentalement, c'est ma santé qui l'a décidé.
Je passe par toutes les phases du sevrage :
manque
frustration
nuits blanches
colère
obsession
Parce que la cigarette était devenue mon dernier petit moment à moi.
On m'avait déjà enlevé :
le travail
les festivités
l'activité
la liberté de bouger
Et maintenant… ça aussi.
Alors j'ai écrit cet article.
Parce qu'arrêter de fumer n'est pas toujours :
zen, calme et motivant.
Parfois c'est :
chaotique, énervant, fatigant, émotionnel.
Et c'est normal.
Parce que la cigarette est une addiction.
Et contrairement à d'autres addictions, il n'existe pas de centre de désintox où on vous enferme gentiment pendant un mois.
Non. Ici c'est :
vous contre votre cerveau et contre une petite tige de tabac.
Conseils de survie pour hyperactifs en sevrage:
Prenez quelques jours pour vous si possible.
Si vous avez la possibilité de le faire, essayez de prendre quelques jours ou semaines de congé au moment de l'arrêt.
Les premières semaines peuvent être émotionnellement sportives :
irritabilité
fatigue
frustration
envies soudaines de cigarette
Être en congé permet de :
vous concentrer sur votre bien-être
écouter votre corps
dormir si nécessaire
éviter la pression extérieure
gérer les envies à votre rythme
ne pas tuer de collègues... éviter la case prison... garder son job
Bref : vous donner un peu d'espace pour traverser la tempête.
Occupez vos mains
L'addiction est aussi gestuelle.
Quelques idées :
bricoler
cuisiner
jardiner
réorganiser des placards
écraser des bouteilles d'eau vides
manipuler une balle anti-stress ou des goodies
taper dans des coussins
Oui, même si le coussin n'a rien fait.
Bougez votre corps
Quand l'envie arrive :
marchez
faites des étirements
montez les escaliers vite à en être essoufflé c'est bon pour les fessiers
dansez comme une folle dans votre salon (fermez juste les rideaux avant que les voisins n'appellent les urgences psychiatriques)
Personne ne vous voit.
Enfin normalement.
Faites du bruit
Ça peut aider énormément :
chanter à tue-tête
râler
grogner
crier dans un coussin
C'est ce qu'on appelle une gestion émotionnelle créative.
Stimulez vos sens
Quand on arrête de fumer, l'odorat revient souvent.
Profitez-en :
allumez des bougies parfumées
sentez des parfums que vous aimez
respirez profondément
Votre cerveau découvre qu'il existe d'autres plaisirs sensoriels que la nicotine.
Parlez… même si c'est à votre chat.
Parler aide à vider la tête.
Alors vous pouvez :
parler à vos proches
parler à votre chat
parler à votre chien
ou parler à vous-même (vous n'êtes pas pour autant schizophrène).
Et soyons honnêtes : les animaux sont souvent les meilleurs thérapeutes silencieux.
Dormez si vous en avez besoin. Le sevrage fatigue beaucoup.
Si votre corps ou votre tête vous demande de dormir : dormez.
Votre cerveau est en pleine mise à jour interne sans nicotine. Et tout le monde sait que les mises à jour prennent du temps, surtout si vous êtes un PC avec une carte mémoire bien trop remplie.
Conclusion:
Aujourd'hui j'en suis à 9 jours, 18 heures et 46 minutes. ( le temps de vous écrire cet article)
Et je ne suis toujours pas fière.
Mais une chose est sûre : je tiens.
Alors si vous êtes en train d'arrêter vous aussi…
Que vous en soyez à :
1 jour
3 jours
ou 9 jours, 18 heures et 46 minutes…
Souvenez-vous d'une chose : vous n'êtes pas seul dans ce cas alors :
Dansez comme si votre vie en dépendait dans votre salon à 23h,
Parlez à votre chat, c'est moins cher qu'un psy et même s'il vous juge, vous n'en aurez rien à faire.
Écrasez une bouteille d'eau avec rage, oui c'est bruyant et très satisfaisant.
C'est peut-être étrange voire un peu fou…
Mais c'est toujours mieux que rallumer une cigarette et gâcher tous les efforts que vous avez faits pour en arriver là.
Si malgré tout, cette envie tenace persiste, j'ai misé sur des patches et une Vuse sans nicotine, mon plan de sauvetage d'urgence. Comme toute roue de secours, elle n'est là que quand mes méthodes un peu folles ont épuisé leurs tours de magie.
Et surtout :
COURAGE. 💛
D'ici 1 an si tout roule, je serais riche de 1577€ - mon investissement pour ce grand départ dans ma nouvelle vie... avec qui sait de la fierté...
Vous avez, vous aussi, traversé une expérience similaire ? Ou peut-être êtes-vous en plein dedans ?
N'hésitez pas à m'écrire ou à laisser un commentaire pour partager votre histoire. Votre témoignage pourrait toucher, éclairer et inspirer d'autres personnes qui en ont besoin. 🌿

